Le look de ce bulldozer est ravageur ! Les chenilles donnent une superbe impression de puissance (ce n’est pas qu’une impression d’ailleurs ;-)). Leur largeur est conséquente (quasiment 5 tenons) et elles sont plutôt bien tendues. Il est rare que les chenilles sortent des guides, même si cela peut arriver sur une surface difficile. A l’avant, la lame est resplendissante elle aussi. Elle est très large et haute. Elle a globalement été faite avec des pièces lisses. Mais les studs encore visibles ne sont pas un problème ; on pourrait presque les assimiler à des rivets. Ceci est même vrai sur l’ensemble du modèle en général : les ingénieurs Lego ont su trouver l’équilibre parfait entre les pièces avec et sans tenon. Le capot et les marchepieds sont aussi en studfull. A l’arrière, le rippeur (de l’anglais rip qui signifie déchirer, arracher) est gros et plutôt éloigné du corps du bulldozer ; il utilise principalement cette pièce.
La calendre est très imposante, malheureusement, elle est quelque peu cachée par la lame. Les pseudos vérins sont crédibles. Ils utilisent des pièces cylindriques et des méta-pièces servant à "souder" 2 vérins pneumatiques. La forme de la cabine est bonne - elle est un peu en deçà de la ligne décrite par le capot - et les portes s’ouvrent, mais il n’y a pas de planche de bord. On aperçoit les câbles électriques derrière le siège. En bas de la cabine, on trouve des marchepieds entres autres faits avec des radiateurs. Le capot est détaillé : 3 cheminées, des phares et des panneaux latéraux qui se soulèvent afin de révéler le moteur V6. Enfin, on note que les éléments électriques situés à l’arrière (boîtier à piles et récepteurs infrarouges) sont bien intégrés. Les récepteurs IR, situés en hauteur, captent très bien les ondes (jusqu’à 10 bons mètres). Quant au boîtier à piles, pour l’enlever, il faut retirer 2 connecteurs rouges et baisser le dispositif de rippage. On peut néanmoins émettre une petite critique : lorsque les piles sont mortes et le rippeur en position haute, il faut démonter ce dernier pour pouvoir sortir le boitier. C’est un peu dommage, mais pas très problématique finalement.
Vous vous en doutez, grâce au système power functions innovant, les fonctionnalités et la maniabilité sont les points forts de ce monstre. Commençons par étudier les chenilles. Il y a un moteur XL pour chaque chenille. Ceux-ci fournissent un couple très important et une vitesse de rotation de plus ou moins 200 tours par minute. La mise en mouvement de la chenille gauche se fait par la "roue jaune" arrière, tandis que c’est la "roue jaune" avant pour la chenille droite. Pour chaque chenille, le moteur XL entraîne 3 engrenages 16t (dont une roue folle), puis un 12t (sur le même axe que le dernier 16t) et enfin un 20t. On a donc une réduction de 1:0,6.
Le moteur XL entraînant la chenille droite est situé à l’avant. Par conséquent, c’est aussi lui qui permet la rotation du V6, et seulement lui (lorsque seule la chenille gauche fonctionne, le V6 n’entre pas du tout en action, dommage). Le mécanisme du moteur rattrape la 12t qui sert pour les chenilles. A partir de là, 3 engrenages (deux 12t et un 20t) s'engrènent pour atteindre le moteur. Ceci étant dit, le bulldozer peut évoluer sans problème sur des terrains accidentés. La vitesse de déplacement est bonne également. Sur un tel set, la direction est très simple : il suffit de faire tourner les 2 chenilles en sens inverse, ou de ne faire fonctionner qu’une seule des 2 chenilles.
La lame et le rippeur sont actionnés par les 2 moteurs M situés sous le boîtier à piles. Dans les 2 mécanismes, on trouve des engrenages clutchs afin de ne pas faire forcer les moteurs M (retrouvez le principe de fonctionnement des clutchs ici). Le fonctionnement du rippeur n’est pas très compliqué. Après une 8t suivie d’un clutch avec 24 dents (réduction de 3:1 donc), le moteur fait tourner une vis sans fin. Celle-ci entraîne alors un engrenage 24t qui, relié à une biellette, va lever le rippeur (réduction finale : 72:1). Ce dernier peut soulever légèrement l’arrière du bulldozer.
Pour le fonctionnement de la lame, sachez tout d’abord que les 2 vérins sont totalement factices. Il n’y a rien de pneumatique, tout est électrique. Le moteur situé sous le boîtier à piles transmet le mouvement (grâce à 6 engrenages : un 8t, un clutch et 4 16t) jusque derrière le haut de la calendre. Alors, cette rotation couplée à une vis sans fin permet de lever la lame (réduction identique à celle du rippeur). La force permettant de lever la lame provient donc de la fixation située derrière les vérins factices, et non de celle situé au centre de chaque chenille, comme on pourrait le penser de prime abord (cela demanderait beaucoup trop de couple). Les 2 outils (lame et rippeur) ont un niveau de débattement convenable.
Du point de vue de la maniabilité, on peut actionner les 2 chenilles (pour avancer, reculer, tourner), ou les 2 outils en même temps. Il est impossible de lever la lame, et de tourner au même moment par exemple, à moins de modifier les branchements (ou d’avoir 2 télécommandes…). Mais il ne sera alors plus possible d’avancer. Un canal ne pourra pas gérer le moteur de la lame et les 2 moteurs des chenilles.
Le contenu est extrêmement intéressant : les 84 éléments de chenille et les 4 roues qui vont avec, la plupart des pièces de la lame, des vérins et des tuyères, les nombreuses poutres jaunes avec et sans stud, pas mal d’engrenages dont 2 clutchs, un cardan, des connecteurs assez rares, et bien évidemment, toutes les pièces du système power functions. Avec cette nouvelle possibilité offerte par Lego, les contraintes sont moindres et les possibilités de MOCs multipliées. On peut par exemple manier 2 moteurs par canal, et sachant qu’il y a 4 canaux sur la télécommande (sélecteur central orange), il est possible de prendre en charge 8 moteurs avec une seule télécommande ! Ca laisse le temps de voir venir…
L’inventaire des pièces est disponible ici.
Ce bulldozer est finalement un excellent investissement. Lors de l’International Toy Fair Nürnberg 2007, cet engin a remporté le prix de l’innovation dans la catégorie "jouets électroniques et techniques". Et ce n’est pas un hazard ! Il nous en fait voir de toutes les couleurs (surtout du jaune et du noir quand même ;-)). La maniabilité est irréprochable. Tout fonctionne au doigt et à l’œil, c’est un vrai régal ! On peut donc aussi bien conseiller ce magnifique set à un enfant (pas trop jeune tout de même, surtout par rapport à la construction) car le modèle est vraiment "jouable", qu’à un AFOL, puisque le contenu est très attractif pour MOCer (notamment avec tous les éléments power functions). Que du bonheur !
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