Ce modèle pourrait presque être classé dans la catégorie Model Team ! La carrosserie est complète (comprendre "sans trou") à quasiment tous les niveaux. Je dis "quasiment", car quand on compare le dessus au côté, le dessus paraît un peu dépouillé... Mais ce n’est pas bien gênant. Les éléments de carrosserie n’ont pas été utilisés de façon abusive (par rapport à la taille du camion bien sûr) : il y en a seulement 12 sur tout le modèle. Les portes peuvent s’ouvrir (dans l'habitacle, il y a un volant et un cadran), et les commandes latérales sont plutôt camouflées derrière des panneaux. La molette de direction est accessible mais discrète. Seule la molette servant à rentrer et sortir les stabilisateurs est un peu trop visible. De façon générale, il n’y a donc presque rien à redire. L’énorme calendre et le grand capot en imposent ! Il en est de même pour les 2 essieux arrière composés de 4 roues chacun. Les passages de roues arrière sont parfaits, alors que les passages de roues avant (faits chacun avec 2 tubes flexibles 14L), peuvent sembler un peu grands. Mais cette taille est nécessaire pour que les pneus ne les heurtent pas lorsque l’on braque les roues.
Sinon, globalement, le camion regorge de détails. Par exemple, les feux sont très nombreux : phares, clignotants, feux de croisement (en bas sur le pare-choc, à côté des clignotants), lumières sur la cabine, gyrophares proéminents, et feux stops à l’arrière. Et ce n’est pas fini ! Il y a aussi les rétroviseurs, les antennes, les klaxons, les pots d’échappement, les marchepieds, les réservoirs d’essence, et l’insigne sur le haut de la calendre. Ce dernier est d’ailleurs d’une très jolie couleur argentée, tout comme quelques pièces des réservoirs, les klaxons, 6 jantes (les jantes intérieures des essieux arrière sont grises, c’est sûrement une petite économie), et les poignées des panneaux latéraux. L’arrière est correct, il laisse entrevoir la mécanique... Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les pièces rouges du châssis ne sautent pas tellement aux yeux, elles restent discrètent. Bref, tout ça pour dire que ce camion a fière allure.
La quantité de fonctionnalités est impressionnante. Les roues avant sont directrices grâce à une crémaillère. On les actionne avec la molette présente au dessus de la cabine. Après un renvoi d'angle fait de 2 engrenages 12t, la crémaillère est actionnée par un 8t. Un moteur V6 est aussi présent à l’avant. Il est entraîné par le différentiel de l’essieu central. Le côté 24t du différentiel va s'engrener avec 2 engrenages 12t afin de se repositionner au niveau des poutres du châssis. Ensuite, notamment via un axe de 32 (oui, 32 !) le mouvement est transmis à l'avant du camion. Pour remonter la rotation, on a un 16t, une roue folle sur l'axe de direction (il n'y aucune interaction entre les 2 mécanismes, tout l'intérêt de la roue folle est là) et à nouveau un 16t qui permet de se retrouver à hauteur du vilebrequin, et donc de l'entrainer. On peut soulever le capot afin de bien voir ce V6. Alors il paraît un peu minuscule. Un ventilateur est présent sur l’axe du vilebrequin.
A l’arrière, il y a 2 stabilisateurs qui peuvent vraiment soulever l’arrière du véhicule (sans point de rebroussement). La molette pour les manipuler est celle sur le haut du camion, proche des gyrophares. Le mécanisme est un classique : on fait tourner un vis sans fin qui, couplée à un engrenage de 24 dents, va assurer l’irréversibilité du mécanisme. Le 24t agit sur un 12t, qui par l'intermédiaire d'un long axe de 32 (et oui, encore !) va filer droit vers l'arrière. Alors, un renvoi d'angle constitué de 2 12t va permettre de mettre les stabilisateurs en mouvemements. Pour soulever l’arrière du camion, il faut quand même pas mal insister. Et c’est alors le fragile axe de 32 qui en fait les frais : il se vrille un peu.
Intéressons nous désormais à la flèche. Elle se lève (ou se baisse) elle aussi avec un vis sans fin. Et encore une fois, on a un renvoi d'angle avec 2 engrenages 12t, suivi d'une vis sans fin qui agit sur un 24t. La rotation de ce dernier va actionner une biellette, qui va elle même pousser (ou tirer) la poutre noire qui joue en fait le rôle de vérin. Ca y est, la flèche de notre #8285 peut bouger. En outre, cette flèche est télescopique. Et là, surprise ! Cette fois, aussi étonnent que cela puisse paraître, il n’y a pas de vis sans fin ! Sept engrenages 12t et un 8t suffisent (et des crémaillères, évidemment). Forcément, un d’eux est situé sur l’axe de rotation de la flèche car c’est seul point qui ne bouge pas, quelle que soit la position de cette dernière. Le chemin "biscornu" suivi par les engrenages (4 renvois d'angle) génère des frottements, ce qui empêche la partie télescopique de glisser. A l’extrémité de la flèche, la rotation est transformée en translation grâce à la crémaillère. La partie télescopique peut sortir. Bien sûr, pour faire cela, il faut au préalable que le câble soit un minimum déroulé, sinon, le crochet se coincerait à l’extrémité de la flèche avec l’augmentation de la longueur de celle-ci. Au niveau du système d’enroulement, on trouve un cliquet (assez bruyant) fait avec une pièce de caoutchouc. On ne peut pas sortir le câble sans lever la manette jaune (et donc "écarter" le cliquet). Et pour sortir ce câble, il est impératif de tourner sa molette ; le poids du crochet ne permet pas un déroulement utilisant la gravité. Par ailleurs, vous remarquerez que le crochet est attaché de façon très sommaire. En fait, il n’y a pas de poulie dans le crochet comme on a l’habitude d’en voir. Par conséquent, le crochet a un peu tendance à tourner sur lui-même. La présence d'un tel bricolage sur un si beau remorqueur fait tâche, surtout que la fixation habituelle semblait facile à mettre en œuvre.
La plateforme de remorquage se déploie par ressort progressif. L'utilisation de cette pièce (et non d'un vérin pneumatique ; car en modifiant un peu la structure, un vérin aurait tout à fait pu prendre place) permet de se démarquer du remorqueur bleu #8462 de 1998 et d'apporter une pièce supplémentaire à l'inventaire. En appuyant sur le levier jaune, on permet juste au ressort de sortir de sa position comprimée. Alors, en se déployant totalement, il finira par baisser la plate-forme. Le repliement est manuel puisque le ressort ne fonctionne que dans un sens. Un circuit pneumatique classique permet de lever et baisser le bras sur lequel est positionnée la plate-forme de remorquage. D’ailleurs, pour rendre l’ensemble plus fonctionnel, j’ai rajouté un air tank (vous trouverez ici le détail de cette modification). Il est derrière la cabine et, une fois chargé à fond, permet de faire 6 allers-retours avec le vérin. Cette plateforme a néanmoins un petit défaut : elle n’est pas articulée (contrairement à celle de son ainé, le #8462). Ainsi, lorsqu’un véhicule est remorqué, prendre des virages n’est pas chose facile. Ce dernier a même parfois tendance à se "déboiter" de la plateforme sur laquelle il est attelé. :-(
Mais malgré tout ces mécanismes et à cause de sa grande taille, le camion semble un peu vide. Etant donnée la place présente, les contraintes sont minimes, et les mécanismes peu chiadés. Dommage. Et même avec l’air tank en plus, il reste encore beaucoup d’espace. Pour finir, un petit mot sur la maniabilité. Globalement, tous les mécanismes fonctionnent bien. Et malgré leur nombre, on ne s'emmêle pas trop dans les différentes commandes. La position de chacune est assez instinctive.
Ce remorqueur #8285 est très attractif. Il a 1877 pièces et son prix est raisonnable. Dans les pièces originales on retrouve toutes les pièces composant le circuit pneumatique, un ressort progressif, énormément d’engrenages, des pièces de carrosserie noires, 2 axes de 32, des pièces argentées, quelques connecteurs sympas et un nombre incalculable de poutres rouges et noires. Il y a de quoi MOCer !
L’inventaire des pièces est disponible ici.
Ce modèle est plutôt bon à première vue. Le look est convaincant. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que ce look est un peu de la poudre aux yeux face à la simplicité des mécanismes. Cependant, ne boudons pas notre plaisir, ce camion est tout de même bien réussi. Il vous permettra aussi de vous procurer un bon paquet de pièces à un prix tout à fait acceptable. Pour commencer en Technic, c'est donc un très bon choix !
Vous trouverez ici tout ce qu’il faut pour effectuer les modifications que j’ai mises au point.