Chargeur télescopique #8295

Image du #8295
Référence :
8295
Nom du modèle :
Chargeur télescopique
Nombre de pièces :
1182
Année :
2008
Dimensions :
45 x 22 x 17
Prix :
80 €
Modifications personnelles :
Oui
Niveau de difficulté :
Difficulté Difficulté Difficulté Difficulté Difficulté 
Note du modèle principal :
Note Note Note Note Note 
Note du modèle secondaire :
Difficulté Difficulté Difficulté Difficulté Difficulté 

Les lignes arrondies de ce chargeur télescopique me plaisent beaucoup. Elles lui confèrent un design moderne je trouve. Comme souvent (trop souvent ?), ces lignes particulières sont faites avec des flexs : un sur chacun des passages de roues et 3 sur la cabine. Les montants de la cabine ne sont pas très courbés. Ainsi, si on les brusque un peu trop, ils se courbent dans l'autre sens, et on se retrouve avec un pare-brise incurvé... Sur le côté, le 3ème flex dessine un peu mieux le bord de la cabine. Car tous ces enchevêtrements de poutres derrière le siège ne sont pas très beaux. L'habitacle est plutôt bien fini : un siège (bleu, évidemment), 2 manettes, un volant et une planche de bord. Par contre, le siège est bien trop petit par rapport à l'échelle du modèle. En exagérant un peu, disons qu'il conviendrait presque à une minifig ! ;-)

Au niveau des couleurs, le chargeur est loin d'être parfait. D'accord, il est jaune, et c'est très bien. Mais de nombreuses pièces (ces broches les premières) lui donne un look complètement bariolé. Les pièces rouges sont peu nombreuses, mais ressortent beaucoup. De plus, le modèle reprend le code de couleur apparu au début de l'année, notamment avec l'élévateur à nacelle #8292 (à la fin de la partie "Mon avis"). Le gris tient aussi une place majeur : le châssis n'a que peu de jaune (le socle sur lequel le bras se repose, et c'est quasiment tout) et les jantes sont grises (à l'origine). J'ai donc rajouté du jaune en changeant les jantes et en fixant des poutres sur le dessus du châssis. Ces poutres ont aussi pour but de faire un peu de remplissage. Car à plusieurs endroits, le chargeur est vide ! Devant le vérin mécanique, entre les 2 roues arrières, sur tout le flanc droit (c'est-à-dire, dans le carénage lui-même, et entre les roues et ce carénage ; le petit bloc de carrosserie est trop petit), c'est dommage... L'arrière du modèle est aussi très dépouillé. Par ailleurs, avoir des mécanismes qui ressortent autant de la structure du modèle est assez horrible : derrière, on voit 2 engrenages gris foncé, et sous le châssis, une des biellettes de direction est à la limite de toucher le sol.

Mais notre #8295 a quand même des parties bien réussies. La forme du bras est parfaite, rien à dire. Idem pour la fourche devant, elle est bien proportionnée. Les détails sont sympathiques également. On a une cheminée, un gyrophare (ça, c'est le minimum), des radiateurs sur le côté droit, un rétroviseur, des feux d'un joli bleu clair, des pièces studfull à l'arrière et une pallette pour s'amuser. Les 2 pans de carrosserie jaunes sont eux-aussi très bien intégrés (cela ne se voit quasiment pas, mais le chargeur est plus large d'un tenon côté cabine). Malgré les critiques que j'ai émises (notamment dans le second paragraphe), je trouve que ce chargeur télescopique a vraiment beaucoup de charme.

Le chargeur a 4 roues directrices, comme la plupart des véhicules réels du genre. Le mécanisme ne recourt pas à la moindre crémaillère. Par conséquent, on a des biellettes dans un peu tous les sens. A partir du gyrophare (le volant de l'habitacle n'étant là que pour faire joli), un axe descend dans le châssis. Un renvoi d'angle fait de 2 knob wheels permet à une petite bielle de pivoter. Celle-ci va alors exercer un mouvement de va-et-vient sur une poutre de 11. Pour rentrer dans le châssis, on a 2 petites pièces en "L". L'axe central de la direction peut donc tourner (pour la suite, je vais exclusivement me concentrer sur l'essieu arrière, en accord les photos, l'essieu avant étant strictement identique). Il va mettre en mouvement une nouvelle biellette grâce à 2 knobs. Avec son débattement de 45°, elle va pousser ou tirer un arbre de direction (grossièrement fait avec une poutre, inutile de faire compliqué, quand on peut faire simple) et faire braquer une roue (la gauche, à droite sur les photos concernées). L'autre roue est mise en mouvement par des bielles formant un parallèlogramme déformable, juste au dessus. L'originalité dans le montage vient de la présence de triangles. Ce sont eux qui assurent les butées, lorsqu'ils se plaquent contre les poutres transversales.

Après la théorie, faisons un peu de pratique. Et c'est là que le bât blesse. La direction a beaucoup de jeu et est dure à manœuvrer. Plusieurs raisons expliquent cela. La première est très simple. Comme il y a 4 roues directrices, les frottements avec le sol sont assez importants (plus importants que ce que l'on a l'habitude de rencontrer, tout du moins). La seconde et principale raison vient du rapport de réduction utilisé. En effet, les knobs ne fournissent pas la moindre démultiplication... Il faut à peine un quart de tour pour braquer les roues de gauche à droite (ou inversement) ! Heureusement, les knobs permettent de passer un couple de mammouth (car on force pas mal) ! Mais c'est paradoxal en fin de compte. Les knobs permettent de faire passer du couple, mais ce sont eux qui sont à l'origine de la nécessité de ce couple. Alors, quitte à tourner davantage le gyrophare, pourquoi ne pas avoir utilisé des engrenages plus classiques (12t, 20t, etc...) ? Ceci étant dit, le rayon de braquage est correct : 27cm.

Le mécanisme des stabilisateurs est rudimentaire. En basculant la cheminée, des bielles vont pousser 2 arbres qui vont faire tourner les pièces en "L" noires, et mettre les stabilisateurs en mouvement (le chargeur n'est pas soulevé). Le point de rebroussement se situe sur ces derniers, au niveau des pièces noires. En position haute, le maitien des stabilisateurs est médiocre. De plus, ils ne remontent que très peu... Et le fait que l'utilisation du mécanisme modifie l'estéthique du modèle m'exaspère au plus haut point ! En effet, les stabilisateurs levés, la cheminée est tordue. J'ai donc mis un levier, dans le même esprit que celui de la boîte à vitesses. Au chapitre des points positifs, on a la façon dont se déploient les 2 arbres : ils sortent et s'écartent en même temps, c'est très élégant. Sinon, avoir juste à pousser un levier pour sortir les stabilisateurs est plutôt agréable.

Pour gérer les mouvements du bras, on a une boite à vitesses. Avec le levier rouge de la cabine, on choisi directement la position du changeover catch pour jongler entre la montée du bras, et son allongement. Avec levier vers l'arrière, on règle l'inclinaison du bras. Lorsqu'il est vers l'avant, on joue sur sa longueur. Pour mettre tous nos jolis pignons en mouvement, on utilise le 20t tan situé à l'arrière. On a tout d'abord une petite multiplication en passant d'un 20t à un 12t (pour ne pas trop mouliner), puis 2 engrenages de 16 dents pour se repositionner à la hauteur d'origine. Ca y est, l'axe de la boîte à vitesses tourne.

Pour lever (ou baisser) le bras, le driving ring doit être plaqué contre la roue folle la plus en avant (levier en arrière), afin de pouvoir l'entraîner. Celle-ci s'engrène avec un 16t. Par un axe, le mouvement est transmis à 2 engrenages 12t. Ensuite, à proximité de la cabine, on a deux 16t et un 12t avec un 20t. Enfin, la rotation est menée jusqu'au vérin mécanique à l'aide d'un 12t simple bevel et d'un 12t normal. Il ne faut pas moins de 26,5 tours de manivelle pour lever entièrement le bras (rapport de 1:1) ! C'est vraiment beaucoup, surtout que la molette est résistante... En fait, le vérin est en mis oppostion (on ne retrouve cette configuration que sur un seul modèle : le #8868 de 1992 ; mais cela ne posait pas de problème étant donné la taille du bras). Ainsi, le bras de levier est tout petit (12 tenons), ce qui ne favorise pas le levage du bras et augmente ses ballotements. De même, les nombreux engrenages, et plus particulièrement le vérin, sont source de frottements... Dur dur...

Le mécanisme de télescopage est bon. Avec la roue folle arrière et un 16t, la rotation est conduite à l'arrière, à l'extérieure de la structure du chargeur (puisque l'axe ressort, pourquoi ne pas avoir supprimé la boîte à vitesses et mis une manivelle à cet endroit ?). De là, un 8t et un 24t prennent le relais pour actionner 5 engrenages 12t (dont un sur l'axe de rotation du bras), formant 3 renvois d'angle successifs. Un long axe (les designers Lego auraient pu mettre un axe de 32) et 2 nouveaux 12t permettent à un 8t de faire coulisser la crémaillère. Un autre engrenage similaire assure un bon guidage. Il n'y a pas de vis sans fin, l'irréversibilité est plus ou moins présente avec les frottements. En fait, le bras est quasiment un copier/coller de celui du remorqueur #8285. On ne s'en plaindra pas, car au moins, on est sûr que ça fonctionne bien.

La dernière fonction concerne la fourche. On l'incline depuis l'extrémité du bras, là où une vis sans fin est en prise directe sur un 8t (comme pour le bras du #8273). De toute façon, il est impensable d'avoir une commande sur le corps de l'engin. Mais il s'avère que le vrai soucis ne vient pas tant du mécanisme simpliste lui-même, mais la manière dont l'inclinaison du bras affecte ce dernier. Par exemple, si la fourche est horizontale et le bras levé, pour peu que vous baissiez le bras, la palette glisse illico presto. Il faut donc constament revoir l'inclinaison de la fourche. Aussi, les butées sont presque inexistantes puisqu'elle peut pivoter sur plus de 240° (mais bon, on n'est plus à ça près !).

Le contenu est bon : beaucoup de poutre jaunes, grises et noires, de la pignonerie variée et en assez grande quantité (45), des connecteurs utiles, les 2 éléments de carroserie jaune, un vérin mécanique, les pièces de la boîte à vitesses et les quelques flexs. Les roues (grises à l'origine, je le rappelle) sont aussi un bon point car souvent, les modèles n'ont que 2 exemplaires de ce type.

L’inventaire des pièces est disponible ici.

Sur le papier, ce #8295 était alléchant et avait tout pour être un grand set. Malheureusement, Lego rate le coche au niveau de la mécanique (seul le mécanisme de télescopage est exempt de tout reproche). Restent alors le charme indéniable du véhicule, de par son design et ses 4 roues directrices, ainsi que l'inventaire.

Cliquez ici pour lire la review du modèle secondaire.

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