Le design de ce set est un peu grossier. Ainsi, il n’y a pas de siège ni de tableau de bord dans la cabine. Le reste du modèle reste lui aussi assez pauvre en détails : seuls des feux sont là. Il y a 4 feux bleu ciel à l’avant de la cabine, 2 rouges à l’arrière, et le gyrophare. Il faut aussi savoir que ce tractopelle est beaucoup plus petit que son ainé le #8862. Mais on s’y fait...
Malgré ces critiques, ce tractopelle a beaucoup de charme. C’est indéniable. Pourquoi ? Et bien parce que l’on sent qu’il y a du potentiel, on a l’impression d’avoir un vrai engin de chantier entre les mains (n’est-ce qu’une impression ? ;-)). Tous ces vérins (c’est le premier set à utiliser des vérins à base ronde ; cela est dû au passage aux pièces studless) dispositionnés dans absolument tous les sens donnent un air d'usine à gaz. Le fait que les godets (1 et 2) soient de couleurs différentes n’est finalement pas très choquant. Aussi, on note que les sélecteurs pneumatiques sont très bien intégrés. Cela n’était pas gagné d’avance vu leur nombre. Idem pour les 2 pompes (unique modèle à les avoir avec une coque noire) qui sont logées dans la cabine (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette dernière n’est pas détaillée).
Sur le reste du set, il n’y a pas grand chose à dire. Les quelques tuyaux qui ressortent çà et là donnent du style. Les passages de roues de l’essieu arrière sont réussis car ils épousent bien la forme de la roue. L’arrière du toit un poil surélevé accélère un peu la ligne du tractopelle (car il faut reconnaître que celle-ci est assez peu dynamique de façon générale), tout comme les petits pans de carrosserie latéraux. A l’arrière, le bras est bien proportionné. On peut cependant lui faire un petit reproche : lorsque il est entièrement replié, il dépasse légèrement des bords du tractopelle.
Commençons par quelques chiffres : 2 pompes, 7 sélecteurs pneumatiques, 10 vérins et pas moins de 4,25 mètres de tuyaux ! Autant dire que ce set ne fait pas dans la demi mesure ! La pelle est gérée par 4 vérins : 2 pour lever (ou baisser) le bras qui la maintient, et 2 pour la faire pivoter. Lorsque le bras est levé et l'inclinaison du godet définie, si on baisse le bras, l'angle du godet change. C'est un peu dommage qu'une fonction influence l'autre. En position basse, le godet est très proche du sol (1mm environ). Chaque stabilisateur est actionné par un vérin. Ils permettent de soulever l’engin d’un bon centimètre. Mais il n’y a pas de point de rebroussement. Par conséquent, lorsque l’on pompe (en appuyant sur une partie du toit de la cabine) pour alimenter le circuit pneumatique, le tractopelle tend à se rabaisser.
Pour orienter le godet sur la droite ou la gauche, un seul vérin est nécessaire. Le système, très ingénieux, utilise un bras de levier. En fait, l’axe sur lequel le vérin agit est excentré de l’axe de rotation du bras, grâce à cette pièce en 2 exemplaires (c'est un vilebrequin en somme). Alors, le bras peut pivoter sur presque 180°. Je dis "presque" car en bout de course (replié sur la gauche ou sur la droite), le vérin n’est pas assez puissant pour faire pivoter le bras d’une dizaine de degrés, en se déployant (ou en se repliant) de moins d’un demi de millimètre. Les mouvements du bras sur l’axe vertical sont effectués par 2 autres vérins. Le bras peut descendre à envrion 15 cm en dessous du niveau du sol. Quant à la pelle, elle pivote elle aussi grâce à un vérin.
J’ai pensé rajouter un air tank pour rendre tous ces vérins plus fonctionnels, mais je ne l’ai pas fait pour 2 raisons. La première est physique : il n’y a guère de place (ou alors, sur le toit, mais bon...). La seconde est technique : le circuit pneumatique constitue une réserve d’air à lui seul tant il est grand (un vérin peut alors faire quelques allers-retours). En outre, la maniabilité est très délicate : on se perd facilement dans les fonctions attribuées à chaque circuit. Cela dit, je préfère avoir à me creuser la tête pour me rappeler quel sélecteur fait quoi, plutôt qu’avoir des stickers. ;-)
Après les fonctions pneumatiques, les fonctions mécaniques. Il y en a 2. La direction (par le gyrophare) est extraordinaire : il n’y a pas de crémaillère, mais 3 engrenages knobs et 2 arbres de direction. Vous trouverez ici un schéma expliquant le principe de fonctionnement. Et les ingénieurs Lego ont encore trouvé de la place pour inclure un moteur L3 qui tourne à 1200 tours par minute lorsque le tractopelle avance à 1m/sec (soit 3,6km/h)... Ahurissant ! En fait, le côté 24t du différentiel s'engrène avec un 8t, puis un 20t entraîne un 12t placé sur l'axe du vilebrequin.
Le contenu est époustouflant : 2 pompes noires, 7 sélecteurs, 10 vérins, des tuyaux pneumatiques à ne plus savoir quoi en faire, 2 pelles, quelques pièces à rotules... Cependant, le modèle étant presque exclusivement orienté sur le pneumatique, certaines pièces sont en quantités très réduites (peu d’engrenages et de connecteurs). Il semble donc difficile de MOCer seulement avec ce #8455.
L’inventaire des pièces est disponible ici.
Cette construction est exceptionnelle ! C’est une des pièces maîtresses de ma collection. Il y a des innovations tant au niveau mécanique (la direction) que pneumatique (orientation droite/gauche du godet). Elle bluffera tout votre entourage, y compris ceux qui ne prêtent guère d’intérêt aux Lego. Si le prix peut rebuter un peu (160€ les 703 pièces, c’est à peu près 3 fois plus cher que la moyenne ; cela s’explique par le fait que de nombreuses pièces ne sont pas de simple moulage), son acquisition est du pur bonheur ! Ne tergiversez pas si vous avez l’occasion de l’acquérir à un prix raisonnable !
Cliquez ici pour lire la review du modèle secondaire.
Sachez que cette construction requiert une certaine expérience. Ceux qui n’ont jamais monté de set ayant des fonctions pneumatiques risquent de rencontrer de réelles difficultés.