Le design est énorme. La première chose qui saute aux yeux ce sont les pneus surdimensionnées : plus de 10 cm de diamètre et 6 cm de large. Les grands passages de roues (faits avec des tubes crénelés à l’arrière, alors qu’ils sont tout juste suggérés à l’avant...) permettent un débattement maximum des suspensions. Ces dernières sont jaunes, ce qui les mets bien en valeur. La couleur vert kaki métalisé du bolide est magnifique, même si les éléments de carrosserie sont de simples pièces peintes, grises à l’origine. Néanmoins, la peinture est de très bonne qualité et ne s’écaille à aucun endroit. Les pare-chocs sont faits avec des flexs et des tubes, ce qui permet de leurs donner une forme légèrement bombée. Les phares sont modélisés avec des sabres lasers. Ce détournement est une vraie réussite.
Devant, pour donner encore plus de caractère à ce mastodonte, on a une prise d’air proéminente. Cette pièce se marie bien avec les 2 petits pans de carrosserie noirs au dessus des pistons (qui ne sont pas masqués pour autant) qui plus est. L’habitacle est très spacieux. Les couleurs des sièges sont sympas (blanc, gris foncé et argenté ; les sièges ressortent de l’ensemble), mais je les trouve trop penchés vers l’arrière. Le tableau de bord est sobre : une poutre coudée et une tile de 1x8, c’est tout. Côté passager, il a un trou béant. Dommage qu’aucun élément n’agrémente l’ensemble. La boîte à vitesses, qui contraint à beaucoup espacer les sièges, renforce cette idée de "vide".
A l’arrière le coffre est très grand. Fort heureusement, le set #5218 offre la possibilité de rajouter un bras qui fait un peu de remplissage. Pour des raisons esthétiques et pratiques, j’ai cependant apporté quelques modifications. J’ai repositionné la pompe sur le côté gauche de façon à ce qu’elle dépasse moins du toit. J’ai mis les 2 sélecteurs pneumatiques au même niveau (et non l’un au dessus de l’autre) ainsi qu’un nouveau crochet. Par ailleurs, j’ai remplacé tous les connecteurs de couleur "flashy". Finalement, ce module est plus propre. Pour finir, quelques mots à propos du toit. La molette de direction noire (légèrement excentrée) et les boutons-poussoirs des portes papillons sont assez accessibles et se fondent plutôt bien avec le reste. En revanche, je n’aime pas trop l’avant arrondi du toit fait avec un long tube argenté.
Ce 4x4 offre de la très belle mécanique. Commençons par la direction. Elle peut se manier depuis le toit ou le volant de l’habitacle. Ces 2 mécanismes en un sont très classiques. Pour la partie du mécanisme actionnée par le volant, on a 2 cardans, puis un engrenage 8t qui agit sur une longue crémaillère. En manipulant la direction depuis le toit, on a un renvoi d’angle avec un 12t et un 20t simple bevel. Puis, c’est un axe qui file droit vers l’avant qui va permettre à un autre 8t de faire coulisser la même crémaillère. Les 2 possibilités d’actionner la direction sont donc liées : quand on tourne le volant, la molette du toit tourne toute seule, et inversement. Il faut savoir que le rayon de braquage est extrèmement mauvais puisqu’il atteint les 75cm ! :-( Autre petit regret : étant donnée la taille du châssis, on aurait apprécié avoir 4 roues directrices (comme sur la #8880 en fait). Malheureusement, il n’en est rien (et je n’ai jamais réussi à les intégrer).
Pour continuer dans les fonctions mécaniques, abordons désormais le cœur du modèle : la transmission et la boîte à vitesses (identique à celle du set #8448). Tout d’abord, notre engin est un vrai 4x4. Il a ainsi 3 différentiels : un sur chaque essieu, et un autre entre les essieux (sous la boîte à vitesses exactement) qui fait le "lien" entre les 2 premiers différentiels. Sur chaque essieu, le différentiel s'engrène avec un 16t, puis avec un renvoi d'angle composé de 12t simple bevel, l'axe est ramené sous la boîte à vitesses (pour l'essieu arrière, il y a en plus 2 16t qui permettent de remonter l'axe, l'essieu étant plus bas, et accessoirement d'inverser son sens de rotation, pour ne pas neutraliser le différentiel central). Pour que le différentiel central fasse un tour, il faut que les différentiels des 2 essieux fassent aussi un tour. Lorsque la cage du différentiel central fait un tour (en entrée donc), on a en sortie de boîte, respectivement de la marche-arrière à la 5ème vitesse, les rapports suivants : 1:2,5 ; 1:1,67 ; 1:1,5 ; 1:1 ; 1:0,9 et 1:0,6 (je ne détaille pas les engrenages, c'est assez compliqué comme ça ; si vous le désirez, vous pouvez vous reportez à la notice). Mais après l’axe de sortie de la boîte à vitesse (et juste avant le moteur), un 24t entraîne un 8t fixé sur l’axe du vilebrequin. On se retrouve donc avec les rapports finaux suivants au niveau du moteur (toujours pour une rotation des différentiels) : 1:7,5 ; 1:5 ; 1:4,5 ; 1:3 ; 1:2,7 et 1:1,8 (x3 en fait). De tels chiffres sont logiques : plus on monte dans les rapports, moins le moteur mouline (pour une vitesse constante, puisqu’en Lego ce sont les roues qui entraînent le moteur, et non l’inverse). Et pour que le moteur tourne toujours dans le même sens en marche-arrière, un driving ring extension entre en jeu afin de créer un décalage dans le nombre d’engrenages (décalage "comblé" par le fait que le véhicule roule en marche-arrière). Sinon, juste pour le style, j’ai rajouté 2 cylindres au moteur. J’ai donc un V10 au lieu du V8 d’origine (quelques photos ici).
Les suspensions permettent un débattement des roues de 3 bons centimètres. Et pour que les suspensions avant renvoient un peu plus (qu’elles soient plus fermes en d’autres termes), je les ai fixées selon un axe davantage vertical. Les suspensions arrière fonctionnent très bien. Bien évidemment, les 4 suspensions sont indépendantes, et avec leur débattement conséquent, notre monstre peux affronter tout-type de terrain !
Les fonctions avec ressorts progressifs sont au nombre de 3 (oui, 3 ;-)). Premièrement, il y a les 2 portes papillons avec marchepieds. En appuyant sur le bouton-poussoir, on actionne une biellette qui va pousser cette pièce. Cette dernière va buter contre le ressort, et le faire basculer. Il va alors sortir de sa position comprimée, ce qui va permettre à la tige noire de se déployer et d’ouvrir la porte. Cette même tige noire est à l’origine de l’ouverture du marchepied. En montant (lorsqu’elle se déploie), elle tire des poutres vers le haut côté intérieur. Cela va avoir pour effet de faire tourner le marchepied, qui va se baisser côté extérieur (la vidéo permet de bien saisir le principe). Personnellement, je trouve ce mécanisme de toute beauté !
Le troisième mécanisme par ressort, c’est moi qui l’ai rajouté. Il permet d’ouvrir le capot. Le principe est toujours le même : en appuyant sur un levier présent dans l’habitacle, on crée une impulsion qui va permettre à l’ensemble du capot de se lever. Des petites poutres situées vers le levier empêchent le capot de s’ouvrir lors d’un choc frontal (donc horizontal). Seule une impulsion verticale (donc par le levier) permet l’ouverture.
Enfin, j’ai mis le module pneumatique (issu du #5218) dans le coffre. Le circuit pneumatique a 2 pointes d’originalité : il utilise un air tank et un mini-vérin pour mouvoir le crochet. Celui-ci peut au maximum descendre à 4cm du sol. Pour actionner l’articulation principale du bras, on a un vérin classique (à base carrée). En outre, lorsque l’on pompe, il faut maintenir un peu le châssis avec la main, afin de ne pas comprimer la suspension (le cas échéant, le 4x4 est plutôt mal traité :-().
Ce 4x4 possède pleins de petits bijoux : les éléments de carrosserie vert kaki, les superbes pneus (ces 2 types de pièces cités sont particulièrement rares), beaucoup d’éléments flexibles, des engrenages en pagaille, 2 ressorts progressifs, 6 cardans, 4 CV joints, des bonnes suspensions, cette pièce en 4 exemplaires et toutes les pièces pour réaliser une bonne boîte à vitesses (driving ring, driving ring extension, changeover catch...).
L’inventaire des pièces est disponible ici.
Ce bolide est aussi impressionnant qu’onéreux. Lego a frappé plus fort qu'avec le coupé sport #8448. En effet, c’est un véritable 4x4, les portières sont très réussies et les suspensions incomparables. De plus il peut évoluer, et ce grâce au module arrière. Le modèle devient alors très riche (du côté Technic, mais aussi du côté du porte-monnaie :-() : suspensions, ouvertures par ressorts progressifs, mécanique bien compliquée, et systèmes pneumatiques. Il y en a pour tous les goûts !
Pour l’ajout du module à l’arrière il faut compter 70€ afin d’acquérir la boîte #5218. Elle ne contient que 145 pièces mais sa rareté explique ce prix très élevé. Si vous avez une collection de pièces bien garnie, seules quelques pièces vont vraisemblablement vous manquer. Avec 20€ environ, vous devriez pouvoir obtenir ces pièces manquantes. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai procédé (je n’ai pas la "vraie" boîte #5218).